Lyon blessée : Ne laissons pas les casseurs étouffer la colère légitime de la jeunesse et du peuple
Place Publique Rhône condamne avec la plus grande fermeté les violences et les dégradations survenues à Lyon ce samedi. Cette condamnation est totale et sans ambiguïté : aucune violence ne saurait être justifiée, quels qu’en soient les auteurs ou les motifs invoqués. Voir l’office de tourisme brûler, c’est voir partir en fumée la porte d’entrée de notre ville, celle que nous ouvrons chaque jour à ceux qui viennent la découvrir. Voir la statue de Paul Bocuse dégradée, c’est voir à terre un des symboles du rayonnement mondial de Lyon. Voir des vitrines brisées et des boutiques pillées, c’est penser à celles et ceux qui travaillent au quotidien au service des autres, et aux commerçants qui devront payer la remise en état de leur outil de travail. Ces violences ne servent aucune cause. Elles abîment Lyon, blessent celles et ceux qui y vivent et y travaillent, et détournent l’attention des revendications exprimées dans les rues. Mais condamner les violences ne doit pas conduire à confondre les casseurs avec celles et ceux qui manifestent pacifiquement. Il faut rétablir les faits : des milliers de personnes ont défilé à Lyon, comme dans des centaines d’autres villes, dans le calme, pour exprimer leur colère et faire entendre leurs difficultés. Les assimiler aux émeutiers serait une injustice et une insulte à leur engagement. L’amalgame est un piège : il réduit une mobilisation sociale à ses débordements et confisque la parole de celles et ceux qui cherchent à se faire entendre. L’exigence d’ordre ne peut pas devenir un permis de mépriser, pas plus que la colère ne peut justifier la violence. La grande majorité des manifestants, jeunes ou moins jeunes, n’ont aucune hostilité envers les forces de l’ordre. Pourtant, une réalité s’impose : d’un côté, des violences spectaculaires, visant à détruire ou piller sans remords ; de l’autre, des méthodes policières pour contenir des rassemblements qui basculent dans la violence physique et restreignent de plus en plus l’expression citoyenne. Lorsque le lien de confiance entre la jeunesse et celles et ceux qui incarnent la République se fissure, c’est notre pacte démocratique qui est fragilisé. L’autorité républicaine ne peut durablement inspirer le respect sans exemplarité, sans proportionnalité et sans respect des droits de chacune et chacun. Cette colère appel une réponse politique. Les revendications portées dans les cortèges ne sont ni nouvelles, ni soudaines, ni illégitimes. Depuis des années, mobilisation après mobilisation, les Français disent qu’ils ne sont pas entendus : les étudiants, les pompiers, les soignants, le personnel hospitalier, les gilets jaunes, les syndicats, les enseignants, les agriculteurs, les défenseurs du climat, et aujourd’hui les lycéens. Face à l’abandon dans lequel le trop long règne macroniste laisse le peuple français, sans comprendre ni entendre les appels de ses concitoyens, nous appelons à un changement radical de la politique conduite mais aussi de la manière de gouverner. Cette nouvelle politique commence par une doctrine de maintien de l’ordre fondée sur la désescalade, qui protège les manifestants pacifiques comme les forces de l’ordre, et par une fermeté totale contre les casseurs : les interpeller et les juger rapidement. Elle passe par un véritable plan de sauvetage de l’école publique, en écoutant les revendications légitimes trop souvent oubliées : des écoles rénovées, des classes moins chargées et des enseignants mieux payés. Elle exige de redonner du poids au vote et à la parole des citoyens : instauration de la proportionnelle pour que chaque sensibilité soit représentée à l’Assemblée, un Premier ministre réellement responsable devant la Représentation nationale, et des citoyens associés de façon continue aux décisions qui les concernent. Place publique Rhône ne choisira pas entre l’ordre et la colère sociale : nous défendons la démocratie, qui a besoin des deux, la sécurité de tous et le droit de manifester sans crainte. Nous ne céderons ni aux amalgames ni aux récupérations politiques. Nous refusons que les violences servent à disqualifier toute contestation, comme nous refusons que la colère sociale serve à les excuser.