Métropole : un budget sous forte tension
Pascaline Lécorché, vice-présidente de la Métropole, et Magali Bailleul, conseillère métropolitaine, représentaient Place Publique dans l’hémicycle lors de ce vote budgétaire décisif pour l’avenir de notre territoire.L’une élue à Marseille, l’autre à Aix-en-Provence, elles portent une même exigence : défendre les intérêts de leurs villes tout en construisant une Métropole plus juste, plus solidaire et capable de porter des projets communs.
Métropole : un budget sous forte tension
Le conseil métropolitain consacré au budget jeudi a confirmé l’ampleur des difficultés financières auxquelles fait face la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Au printemps, un déséquilibre de 140 millions d’euros a été constaté. Le budget présenté n’ayant pas été adopté, la Chambre régionale des comptes et le préfet sont intervenus conformément à la procédure prévue, jusqu’à l’arrêt du budget par le préfet.La CRC a notamment préconisé 90 millions d’euros d’économies, dont 30 millions à la charge de la RTM, ainsi qu’une baisse de 53 millions d’euros des reversements aux 92 communes.
Pourquoi les reversements sont-ils au cœur du débat ?
Chaque année, la Métropole reverse environ 640 millions d’euros aux communes membres.
Ces reversements occupent une place particulièrement importante à Aix-Marseille-Provence et sont très inégalement répartis : certaines communes perçoivent moins de 150 euros par habitant et par an, quand d’autres dépassent 1 500 euros.
La question était donc celle de la répartition des 53 millions d’euros d’économies demandées.
Trois options étaient sur la table
Le préfet préconisait de diminuer les attributions de compensation, un mécanisme ancien qui explique une partie des écarts importants entre communes.
La CRC et le président de la Métropole Nicolas Isnard privilégiaient une réduction de la dotation de solidarité communautaire, dont la fonction est précisément de corriger une partie de ces écarts.
Le maire de Marseille et plusieurs élus de gauche défendaient une troisième voie : ne pas intégrer immédiatement l’intégralité des 53 millions d’euros de baisse, assumer temporairement un budget en déséquilibre et proposer un plan pluriannuel de redressement.
Une difficulté majeure : le calendrier
Cette baisse intervient à l’automne, alors qu’une grande partie des dépenses prévues par les communes est déjà engagée.
Leurs marges de manœuvre pour absorber rapidement de nouvelles économies sont donc très limitées.
26 millions d’euros de recettes nouvelles
En parallèle, plusieurs mesures fiscales ont été présentées pour générer environ 26 millions d’euros de recettes nouvelles, principalement par la suppression ou la réduction de certaines exonérations.
Ces mesures ont recueilli un soutien relativement large au conseil métropolitain.
Le point de blocage : la dotation de solidarité
La réduction de la dotation de solidarité communautaire n’a finalement pas obtenu la majorité qualifiée des deux tiers nécessaire.
Il a manqué une seule voix.Cette option aurait représenté une baisse d’environ 40 euros par habitant pour Marseille, contre 9 euros en moyenne dans les autres communes.
Que se passe-t-il maintenant ?
Faute d’adoption de cette modification budgétaire, le budget arrêté par le préfet continue de s’appliquer.Il modifie la répartition des reversements entre communes, mais ne règle pas le déséquilibre structurel des finances métropolitaines.
De nouveaux ajustements devraient donc être nécessaires pour préparer le prochain budget sur des bases plus stabilisées.
À retenir
La crise budgétaire n’est pas terminée.
Derrière les débats sur les attributions de compensation, la dotation de solidarité et les économies demandées se pose une question centrale : comment rétablir durablement les comptes de la Métropole tout en répartissant l’effort entre les 92 communes de manière soutenable et équitable ?